Siloé Care · Maison de soins capillaires
Le Protocole
LE PROTOCOLE
Les quatre moments d'une coiffure protectrice
Une coiffure protectrice ne se juge pas le jour de la pose. Elle se juge six semaines plus tard, au moment où on la défait. Ce qui se passe entre les deux décide de ce qu'il reste.
Voici les quatre moments, et le geste que demande chacun.
I. LA POSE
Ce qui se décide avant même la première natte.
On ne tresse jamais sur des cheveux sales ou emmêlés. Ce qui est noué le jour de la pose le restera six semaines, et sera défait au prix d'une casse.
Lavez, démêlez entièrement, séchez à 80 %. Hydratez les longueurs avec de l'eau d'abord, puis une matière légère pour la retenir. Résistez à l'envie de charger : un cheveu trop gras glisse dans la main de la tresseuse et le surplus s'accumulera au cuir chevelu, où il finira par démanger.
La tension est le point qui compte le plus. Une coiffure ne doit pas faire mal. Ni pendant, ni le soir, ni le lendemain. La douleur, les petites boules blanches à la racine, les bosses le long des tempes ne sont pas le prix à payer pour une belle pose : ce sont des signes de traction excessive, et c'est ainsi que les contours se dégarnissent durablement.
Dites-le à votre tresseuse pendant, pas après. Une bonne professionnelle ajustera sans se vexer.
Enfin, laissez les contours tranquilles. Les cheveux de la lisière sont les plus fins que vous ayez. Ils ne supportent ni la tension, ni le poids des mèches ajoutées.
II. LE PORT
Trois à six semaines. Le moment où l'on croit qu'il n'y a rien à faire.
Il y a quelque chose à faire, et ce n'est pas ce que l'on croit.
Le cuir chevelu se lave, il ne s'huile pas. C'est l'erreur la plus répandue. Sous une coiffure, la sueur, les squames et les résidus s'accumulent. Ajouter de l'huile par-dessus ne nettoie rien : cela nourrit les démangeaisons.
Tous les sept à quatorze jours, lavez. Un nettoyant dilué, appliqué entre les nattes du bout des doigts, jamais avec les ongles. Rincez longuement, plus longtemps que vous ne pensez nécessaire. Séchez le cuir chevelu, et laissez les nattes sécher complètement : une coiffure qui reste humide sent, et finit par s'abîmer.
Les longueurs, elles, demandent de l'eau. Deux à trois fois par semaine, une brume légère, puis une matière fine pour la retenir. Le geste prend deux minutes.
La nuit compte autant que la journée. Satin ou soie, foulard ou taie d'oreiller. Le coton absorbe l'eau du cheveu et la frotte pendant sept heures. C'est le seul geste de cette page dont l'effet se voit à coup sûr.
Six à huit semaines, pas plus. Au-delà, les cheveux tombés naturellement, entre cinquante et cent par jour, s'accumulent et se feutrent à la base des nattes. Chaque semaine gagnée sur le calendrier se paie au moment de la dépose. Retirez plus tôt si une douleur persiste, si des bosses apparaissent, ou si les nattes glissent.
III. LA DÉPOSE
Le moment où l'on perd le plus de cheveux. Presque personne ne s'y prépare.
Trois règles, et elles ne se négocient pas.
Jamais à sec. Saturez chaque natte de glisse avant de la défaire : un soin démêlant, une émulsion, quelque chose qui fait glisser. Le cheveu sec, emmêlé et tiré casse net.
Jamais vite. Une tête entière demande trois à six heures. Prévoyez-les. Une dépose faite en une heure avant de sortir est une dépose qui coûte des longueurs.
Jamais en entier. Travaillez section par section. Défaites, démêlez immédiatement cette section, attachez-la, passez à la suivante. Démêlez toujours en partant des pointes et en remontant, aux doigts d'abord, puis au peigne à dents larges.
Un mot pour vous rassurer, parce que ce moment inquiète toujours : la masse de cheveux qui vient au démêlage n'est pas de la casse. Ce sont six semaines de chute naturelle qui n'ont pas pu partir. Un cheveu tombé porte un petit bulbe blanc à son extrémité ; un cheveu cassé est net des deux côtés. Regardez, vous verrez la différence.
IV. LA RÉCUPÉRATION
Les sept jours d'après. L'étape que tout le monde saute.
Le jour de la dépose, lavez en sections, avec un produit qui retire réellement l'accumulation. Puis un soin profond, laissé le temps qu'il faut, pas cinq minutes.
Ensuite, laissez respirer. Pas de nouvelle coiffure serrée avant au moins une semaine, deux si vous le pouvez. Un cheveu qui enchaîne les poses sans pause n'a jamais l'occasion de se reconstituer.
Profitez de ces jours pour regarder. Les contours, la densité, les pointes. C'est le seul moment où vous voyez vos cheveux tels qu'ils sont vraiment, et c'est cet état-là qui décide de ce que vous ferez la prochaine fois.
Si une zone reste douloureuse, ou si un dégarnissement s'installe, parlez-en à un dermatologue plutôt qu'à internet.
Siloé Care est une maison de soin capillaire née en Martinique. Ce protocole est notre premier écrit. Les produits viendront ensuite, et ils suivront cette même logique : quatre moments, quatre gestes.